Le Misanthrope by Molière (2000-07-13)

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Le Misanthrope by Molière (2000-07-13) Details

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Une interprétation fluide avec des comédiens de talent.S'il faut un certain temps pour se dégager du costume inoubliable du regretté Georges Descrières en Arsène Lupin, la métamorphose de l'ironique cambrioleur en lion rugissant est réussie. Il en est de même de Béatrice Agenin qui campe une Célimène attachante dans sa liberté et fragile tout à la fois dans sa fuite en avant.C'est la première fois que je visionne cette grande comédie de caractère, après avoir lu et relu cent fois les portraits du salon, l'affrontement entre Célimène et Arsinoé.En 1 800 vers, Molière a réussi à exposer là, avec l'économie nécessaire au théâtre, la question de l'être et du paraitre et du vivre en société.Le langage est soutenu dans cette noblesse oisive, ce qui n'exclut pas l'ironie, l'humour, la perfidie à peine moucheté.Alceste plait. Célimène plait. Alceste, peut-être héraut d'une noblesse pauvre de province réduite à néant dans sa fierté par l'absolutisme royal, a grand caractère. Sincère, lucide sur lui-même et l'hypocrisie de la Cour, non dénué d'ironie, il lui manque une qualité : la charité. C'est un amoureux excessif, malade de jalousie, qui veut posséder entièrement l'autre et le sacrifier à son idéal. A l'opposé, Philinte, véritable ami. Lucide aussi, indulgent par tempérament, persévérant dans son désir d'humaniser l'atrabilaire Alceste. Ce n'est pas, sans doute, le modèle de l'honnête homme que nous propose en général Molière, face à un caractère perverti par quelque vice : Cléante face à Orgon ou Béralde face à Argan. Philinte intéresse par son flegme, au risque d'en faire un personnage un peu falot et un peu faux.De Célimène, on sait peu de chose : veuve et libre (et bien décidée à vivre cette liberté), pleine de vie, mais point mûrie : un don pour la médisance, une force de caractère qu'elle oppose à la prude et inquiétante Arsinoé dans la grande scène centrale. Célimène est ce qu'elle est, sans savoir qui elle est vraiment dans ses sentiments amoureux. Le salon fait office d'une ruche dirigée par une reine fragile.Restent les parasites mondains : les marquis, ridicules, pédants, fort bien placés en Cour, ce qui comble leur fatuité, auxquels il faut adjoindre Oronte, rimailleur de la trempe d'un Cottin.Molière pousse assez loin la satire vis à vis de cette Cour qui n'a de noble "que l'épée et la naissance", mais non point le bon gout ou la force de caractère. Molière réussit aussi le paradoxe à maintenir sur scène un homme qui ne pense qu'à fuir ses semblables....La déconfiture de Célimène ne réjouit pas, dans la mesure où elle est menée par des personnages falots ou hypocrites (Arsinoé).Elle ne réjouit pas non plus Alceste...mais si Célimène reconnait tous ses torts, Alceste est incapable d'un élan de compréhension vis à vis "d'une âme de vingt ans".La ruche est détruite, le salon se vide. Philinte et ?liante se marient. Mariage de raison entre deux êtres de surface, conciliants.Suprême ironie. Alceste fuit dans son désert.La rupture est consommée et Alceste en est le seul responsable.Mais nul doute que cette retraite loin du monde ne soit que temporaire. Je vois mal cet atrabilaire léonin se complaire et se morfondre....Pièce aux multiples grilles de lecture, qui plait à lire et à voir et qui illustre le degré de perfection atteint par Molière dans l'art de peindre ses semblables et leurs vices. Et il est bien difficile de donner ici entièrement raison à ?liante, Philnte, Alceste ou Célimène."On peut, selon l'âge, louer ou blâmer tout'

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